Le graffiti, de la lettre à l’esprit


De « Wonderland », au Mima à Bruxelles, à « Joy of Destruction », prochainement à la Galerie 42b à Paris, plusieurs expositions interrogent la façon dont les artistes issus de la scène graffiti peuvent être montrés.

Bruxelles, Clichy, Paris. Une exposition qui rend hommage au graffiti et à l’exploration urbaine en en expurgeant presque entièrement les fondements esthétiques, de la bombe aérosol au travail du lettrage : c’est le projet très stimulant que conduisent Akay & Olabo au Mima (Millenium Iconoclast Museum of Art, Bruxelles). Pour « Wonderland », les deux artistes suédois construisent un parcours fait de matériaux de récupération (cartels compris), et invitent le public à faire l’expérience de l’entrée sans permission dans toutes sortes de lieux, et de l’astuce requise pour ce faire. Sur le seuil de l’exposition, deux dispositifs préviennent le spectateur du risque encouru : un mur d’écrans de télévision lui rappelle qu’il est sous surveillance et, plus loin, une série de panneaux « défense d’entrer » et de miroirs convexes lui signalent qu’il s’apprête à accomplir un geste transgressif. Aux étages supérieurs, cet avertissement s’applique à une série de grillages, de portes à ouvrir, d’échelles à grimper, de trappes à soulever, de cadenas à défaire.